Bilinguisme, plurilinguisme dans l’apprentissage des jeunes – Un enjeu important quand même!

écrit par Patrick Rhéaume-Espinoza,

Cela fait déjà quelques mois depuis mon dernier billet qui traitait de l’expérience DreamHack à Montréal. Depuis, nous avons célébré notre renouvellement d’affaires avec Montréal Esports pour faire développer notre jeune Académie en sports électroniques. Nous avons lancé l’Académie Esports de Québec au tournant de la nouvelle année 2019 et nous avons en même temps annoncé le lancement des Académies Esports du Canada qui couvrira toutes les Académies d’un océan à l’autre. Depuis cela, j’ai songé à la communication, plus précisément la langue à utiliser pour communiquer. Il me paraît évident que nous devons nous adapter à la démographie locale pour offrir le meilleur service. La grande région de Québec est très francophone, donc l’Académie Esports de Québéc sera francophone. Tandis que si nous étions à l’ouest canadien, à Edmonton par exemple, l’Académie régionale sera fortement anglophone. Mais nous avons un riche bagage en français et en anglais, et puis il y a tout à gagner à utiliser plus d’une langue même si cela représente plus d’efforts individuel pour atteindre ce but. J’expliquerais dans les prochains paragraphes cette prise de position. La direction a conclue que les Académies Esports du Canada seront à l’image du Canada soit par l’adoption du français et de l’anglais dans ses services. Pourquoi l’anglais et le français? Pourquoi pas le multilinguisme dont le coréen (langue du sport électronique!), le mandarin, ou encore le russe? Et bien parce que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du pays. De plus, ce sont les deux langues sur lequel notre enseignement scolaire repose. En effet, si vous avez complété et retenu vos cours d’histoire canadienne à l’école, vous savez tous que le Québec est la seule province francophone dans la confédération de 1867 et que toutes les provinces à l’ouest sont anglophones. De plus, toutes les provinces maritimes, à l’est du Québec, sont anglophones sauf le Nouveau-Brunswick qui est la seule province officiellement bilingue depuis 1969, n’est-ce pas? Assez d’histoire(s), passons à l’essentiel de ce billet. Le but de cette lecture est d’expliquer l’importance de maîtriser plus d’une langue tant à l’oral qu’à l’écrit et comment cette maîtrise plurilinguistique joue un rôle pertinent chez nos jeunes et dans leur apprentissage.

Avant d’attaquer l’élément principal, laissez-moi vous expliquez un peu mes expériences passées et récentes qui ont mené à cette prise de position. J’aime parler de mes expériences passées sinon je n’écrirait pas ce billet. Alors allons y!

Il y a cinq ans, j’allais rejoindre les jeunes francophones de tous les Amériques à travers le premier forum pour jeunes du Parlement francophones des jeunes des Amériques à la ville-reine de Toronto. C’était en août 2014. J’ai rencontré et, grâce à Facebook, j’ai lié des amitiés pour la vie avec des francophones et des francophiles allant du nord du Yukon jusqu’en Argentine en incluant les francophones natifs des États-Unis d’Amérique (oui, oui ils existent et il y’en a beaucoup). Parmi ces amis, il y en a une dont j’ai retenu son parcours journalistique encore aujourd’hui. Une jeune graduée universitaire en communication-politique, résidente du Plateau Mont-Royal, et souverainiste affirmée allait faire ses valises et partir à l’ouest pour travailler dans les bureaux de Radio-Canada en Alberta, en français. J’ai donc programmé un rappel pour le terme < ICIAlberta > et en 2016 j’ai reçu une notification d’un article de vulgarisation qui m’a bien plu: Les bienfaits du cerveau bilingue se confirment (2016). J’ai retenu cette lecture et ses références citées en fin d’article depuis toujours. Très récemment en février 2019, j’ai écouté la rediffusion d’une émission passée sur Télévision du Haut-Richelieu qui avait comme invité le commandant actuel de mon alma mater: le Colonel Gervais Carpentier du Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean). Bien que je n’ai pas encore rencontré le colonel Carpentier, j’ai eu l’occasion d’échanger avec tous ses prédécesseurs depuis mon passage au CMR Saint-Jean en 2008. Tous les commandants colonels précédents des 10 dernières années détiennent le même discours soit l’importance du bilinguisme tant pour le travail – soit la profession des armes – que sur le plan personnel et culturel. En fait, le bilinguisme représente l’un des quatre piliers sur lesquels repose l’excellence des Collèges militaires royaux du Canada (CMR). Sans entrer dans les détails, les piliers des CMR sont: le leadership, la réussite académique, l’athlétisme, et le bilinguisme. Voilà sur quoi bâtir une bonne fondation pour nos jeunes ne penseriez-vous pas? Ma compréhension des études  scientifiques combinées avec la vision des CMR donnent plus d’importance pour le bilinguisme au plan de performance. Il ne s’agit plus d’un identité culturelle mais d’un outil essentiel pour non seulement communiquer avec une plus large population de différents milieux, mais aussi pour développer un meilleur niveau de compétence et de connaissances! Maintenant je suis prêt à vous répondre pourquoi c’est important d’avoir une ouverture à plus d’une langue, et pourquoi c’est important de le faire à un jeune âge.

De plus en plus de recherches scientifiques démontrent que le bilinguisme confère des avantages cognitifs chez l’enfant, qu’il peut s’apprendre avec un haut degré de compétence tout au long de la vie et qu’il offre un effet neuroprotecteur jusqu’en fin de vie. État des connaissances. – un texte de Michel Rochon de l’émission Découverte CBC/Radio-Canada

Le cerveau est un organe fascinant auquel les chercheurs sont constamment stupéfaits par leurs découvertes. Le cerveau est également la partie du corps humain la plus complexe à comprendre et il est difficile à cataloguer. Par exemple, le cerveau n’est pas un muscle (il est fait principalement de matière grise et de matière blanche) mais il se comporte comme un muscle le brave. Un muscle ça s’entraîne par étirement et par contraction. Si le muscle ne s’entraîne plus, il devient mou. Le cerveau ne s’entraîne pas mécaniquement comme un muscle, mais tout comme ce dernier, le cerveau va sous-performer s’il est délaissé. Fort heureusement, nos cocos s’entraînent à tous les jours! Le simple fait de lire ces lignes tout en essayant de comprendre le fil de pensée de votre cher auteur est un exercice modéré. Et vu que c’est moi l’auteur, c’est encore plus stimulant! Mon hypothèse à analyser d’ici les prochaines années dans notre programme CCSE: un cerveau qui s’entraîne de manière optimale – à l’aide d’un programme structuré, des saines habitudes de vie et d’une hygiène de vie – est plus susceptible d’aller très loin. Mais n’aller pas tout de suite attaquer votre prochain sudoku ou votre prochain mots-croisés avant d’avoir fini cette lecture. Le cerveau devient performant avec le bon plan. Sur le plan de performance, je peux citer nos entraîneurs de l’Académie que: « De nombreuses études ont démontré les innombrables liens entre le corps et le cerveau : la plasticité de celui-ci nous permet de développer les fonctions et capacités cognitives de manière efficace. En se basant sur le principe de transfert des acquis, cela mène vers une augmentation progressive de la performance pendant le jeu [vidéo] et donc, des chances de réussite dans l’atteinte du niveau professionnel. Bref, les [cyber-athlètes] deviennent plus performants avec de l’entrainement assidu et les résultats le démontrent. » Ma compréhension néophyte sur la neuroscience, car je ne suis qu’un simple étudiant gradué en science politique et administration; un cerveau qui s’entraîne par l’éducation, tel que par l’acquisition d’une nouvelle langue, est un cerveau qui saura ouvrir une fenêtre pour arriver au summum de son jeu. C’est bien jolie tout ça mais pourquoi apprendre au moins deux langues à un bas âge? Et bien j’ai parlé d’ouverture de fenêtre car l’avantage de le faire à un bas âge est pour le gain de performance substantiel que votre jeune expérimentera dans cette période de son développement et qui va lui coller à la peau lors de son développement dont, je l’espère, pour toujours! Lors du développement de l’enfant, celui-ci apprend à comprendre et à maîtriser ses habiletés cognitives tels que la réflexion, la mémorisation, l’attention sélective, la concentration, le raisonnement, la planification, la résolution de problème et l’assiduité. Apprendre une deuxième langue renforce les habiletés cognitives dans le développement du jeune enfant. L’enfant apprend comment faire les bons choix, c’est-à-dire utiliser le bon choix de vocabulaire ou de la grammaire en fonction de la langue utilisée. Bien que subtil, ces choix deviennent intrinsèques à un jeune âge et cela donnera un avantage dans la logique de l’enfant comme pour le calcul mathématique, un avantage dans son raisonnement tel que la lecture de textes, et un avantage dans sa prise de décision une fois rendu au secondaire et à l’âge adulte. Papa et maman en seront fiers.

Dans le monde du sport de haute performance; les choix que l’athlète fait sur le terrain sont cruciaux, voire vitaux. Par exemple, lorsqu’on roule à plus de 300Km/h dans un bolide de Formule 1 ou qu’on manipule notre clavier et notre souris à plus de 300 actions par minute à StarCraft; il faut une prise de décision rapide comme l’éclair avec la précision d’un chirurgien. Sinon c’est fini, partie terminée. On remercie les perdants et ils retournent à leur case de départ. Il est très difficile de maîtriser une prise de décision avec une telle vitesse d’exécution et de précision dans ces deux exemples sportifs. Seulement une pognée d’adeptes sont considérés par les équipes professionnelles de sport électronique tout comme seulement 20 pilotes sont pris dans les écuries du sport mécanique. De plus, la sélection est encore plus restreindre pour ceux et celles qui ont atteint le seuil de réussite. Pour faire la sélection, mieux vaut absorber et développer toutes nos habiletés plutôt tôt que tard. Si vous souhaitez devenir cyber-athlète, alors considérer à devenir bilingue, trilingue ou polyglotte dès un jeune âge car cela pourrait bien faire développer des aptitudes considérables à votre futur. Les sceptiques affirmeront que beaucoup de champions et de grandes personnes sont unilingues. C’est parfois vrai, mais n’est-il pas mieux d’avoir plusieurs flèches à son arc? Posez-vous la question suivante: « Si j’avais le choix entre une boîte à outil avec seulement un marteau à l’intérieur, ou un boîte à outils avec un marteau et un tournevis. Lequel vais-je choisir pour relever mes défis de tous les jours? » Personnellement, j’opterais pour la boîte à outils avec le marteau, le tournevis, les clés Allen, des clés à torsion, le laser, le ruban à mesurer, du duct tape, de la WD-40, au moins 10 tailles de visses différentes, autant de têtes de visses avec une fraise à lamer et la perceuse électrique, alouette! Quoique pour ma défense, je suis né dans les jeux Lego, mon loft a été meublé chez IKEA et c’est moi qui effectue mes propres réparations ménagères. Néanmoins, nous pouvons toujours garnir notre coffre à outil cérébral et les acquisitions des connaissances sont les outils à acquérir. Devenir plurilingue serait très intéressant, mais l’acquisition de nouvelles langues n’est pas le seul outil pour devenir meilleur et performant. Il y en a plusieurs autres, mais pas tous les outils conviennent à toutes les personnes. Je ne développerait pas plus sur cela car le bilinguisme est le seul outil que je me permet de vous expliquer dans ce billet.

Si vous voulez devenir votre propre champion, vous devez rassembler toutes les chances de votre côté. Après tout, je me répète et me répète encore dans mes consultations à huis clos: aucun mais vraiment AUCUN gestionnaire ne verserait des contrats allants dans les six chifres à des athlètes de haute performance si ces derniers ne démontrent pas qu’ils/elles donnent leur 100%! Inculquer dès un bas âge la saine habitude d’apprendre deux langues, ou plus, est un pas dans la bonne direction pour le futur, pour votre futur. Si vous êtes plus âgé, ne vous inquiétez pas c’est toujours possible, mais ce sera plus difficile. L’important c’est d’être motivé et de ne pas abandonner. En 2018, un article du journal franco-ontarien de Toronto, L’Express, relate que seulement 35% des Canadiens sont bilingues contre 60% dans le reste du monde. Je crois ici que l’information pourrait être eronnée car les allophones n’ont pas étés comptabilisés dans l’étude. Dans tous les cas, il demeure qu’il reste beaucoup de chemin à faire pour améliorer les chances de nos jeunes ici au Canada et cela se reflète par leur capacité de s’exprimer rapidement d’une langue à l’autre. Passer de la langue de Molière à celle de Shakespeare aussi bien qu’un artiste qui s’exécute habilement dans son art c’est qu’on appelle du « code switching » dans la science. Mon petit doigt me dit que ce code switching sera utile dans la vie de tous les jours, pas uniquement bénéfique dans la compétition mais aussi dans les sciences & technologies, dans le travail d’équipe, dans l’administration organisationnelle, et dans pas mal tout qui se rapporte à la mondialisation. Au final, si vous n’êtes toujours pas convaincu, peut-être par l’absence de bibliographie; dites vous qu’il n’y a rien à perdre à apprendre une nouvelle langue. Apprendre un nouveau dialecte c’est enrichir ses connaissances et sa capacité de communiquer. Le français c’est apprendre la langue de l’amour et de la poésie pour les non-francophones, et pour les francophones la langue de l’amour et du charme c’est parler italien (du moins c’est ce qu’on m’a dit). Apprendre l’anglais c’est apprendre la langue du tourisme internationale et des affaires mondiales. Apprendre le japonais c’est ce qui permettra à votre jeune d’incarner un vrai 先生 dans ses mangas sinon il doit se contenter d’une traduction le pauvre! Maîtriser le coréen est considéré un atout dans les sports électroniques pour certaines positions professionnelles. Discuter des carrières et des débouchés professionnels sera une thématique que je vous présenterait plus tard dans cette année, sinon vous pouvez toujours demander notre service de conférenciers pour ne pas avoir à attendre. Allez dépasser vos limites et restez motivés! D’ici là, ne manquez pas mon (long) billet sur l’excellence académique dans mon édition de mars 2019.

2019-03-06T18:12:19+00:00février 27th, 2019|Blog|0 Comments